D’après les médias Jorja Smith serait “La révélation soul de l’année” et aurait pondu l’album “à ne pas manquer”. Voyons cela dans l’ultime critique de Lost & Found de Jorja Smith.

J’écoute l’album sans rien connaître de l’artiste, je n’ai lu aucune critique et je n’ai aucun renseignement sur sa biographie. Je suis vierge de toute information qui pourrait provoquer chez moi un avis biaisé teinté de mauvaise foi (ma spécialité).

L’album porte bien son nom. Lost & Found est parcouru d’une irrégularité assez typique d’un premier album mal préparé. Jorja Smith est certe une très bonne interprète et une bonne auteure, mais elle se perd dans des choix peu judicieux.

Pour ne rien vous cacher, j’ai été sacrément agacé par la première écoute.

Sur les six premiers titres, la chanteuse choisit une interprétation typique de ce que j’appelle la mumble soul. Une sorte d’effet de style vocal qui consiste à très peu articuler, une manière peu subtile pour cacher son manque d’inspiration.

 

 

Sur Teenage Fantasy Jorja Smith en fait beaucoup trop, à en devenir gênant… On Your Own est d’autant plus agaçant qu’on nous sert une sorte de soupe néo-soul et pop sans saveur. The One contribue encore plus à mon énervement par ses effets dramatiques relou qui font penser à un hymne mélancolique raté dans la lignée de Lana Del Ray.

Mais finalement, avec Wandering Romance l’horizon s’éclaircit. Tout se met enfin en place. Jorja Smith se cache moins derrière une interprétation lourdingue et propose un titre plutôt sincère. Une véritable track de r’n’b mélancolique assumée.

 

 

D’ailleurs ce n’est pas un hasard si j’apprécie mieux cette deuxième partie d’album. Sur Blue Lights, le titre suivant, Jorja chante en voix de tête en dosant très bien l’intensité. Ce morceau est comme un vent de fraîcheur après vingt minutes d’écoute pénible.

 

 

Sur Lifeboats – Freestyle, la chanteuse devient rappeuse. Elle pose un bon flow avec un accent britannique assumé et une prod simple sans chichis. C’est plutôt cool, ça dénote des bangers ultra-produit, très américains, de Nicki Minaj ou Cardi B.

 

 

Selon moi, l’album devrait s’arrêter là. Mais malheureusement, Lost & Found fini sur trois morceaux bouches trous. Une ballade acoustique où Jorja Smith braille et deux autres titres à jeter à la poubelle tant ils sont dans la même veine que le début d’album.

Finalement, sur onze titres, il faut en retenir seulement trois. Pourquoi une telle irrégularité ? Je pense que Wandering Romance, Blue Lights et Lifeboats – Freestyle sont des propositions de l’artiste elle-même. Tandis que les autres titres sont issus de suggestions de producteurs voulant caser Jorja Smith dans la tendance actuelle.

Donc, Jorja Smith n’est sans doute pas “la révélation soul” de l’année 2018 et ce n’est vraiment pas grave si vous “manquez” Lost & Found. Ceci dit, il faut garder une oreille attentive sur ses prochaines productions, qui peuvent s’avérer intéressantes si elle assume ses choix.

 

 

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