Comment écrire un article intéressant sur un album tout bonnement moyen ? Moyen dans le sens “milieu”, comme si Christine And The Queens s’était appliquée à faire un album ni trop bon ni trop mauvais.

Explications.

A force de bouffer de la promo, j’ai poussé la curiosité jusqu’à écouter le dernier album de la nantaise. Donc, me laissant guider par toutes les critiques dithyrambiques, j’appuie sur ‘play’ et je m’attend à une véritable révélation !

Mais la première écoute me laisse songeur. J’ai à peine prêté attention à ce qui se passait dans mes oreilles, comme si j’avais mit une bande son en sourdine pour faire mes tâches ménagères.

Étais-je trop occupé ? N’ai-je pas prêté suffisamment attention ? Peut-être !

Mais il n’en reste pas moins que lorsque vous ne remarquez même pas un titre sortant du lot dans une écoute peu active (admettons le), c’est qu’on part déjà sur de mauvaises bases.

De bonne foi, je me lance dans une seconde écoute – active – pour essayer de comprendre ce qui clochait à la première écoute.

Le premier titre Comme si on s’aimait annonce un album funky et Jacksonien, tant par la musique – synthés typés eighties – que le phrasé des paroles très saccadées. Heloïse Letissier, ne s’en ai jamais caché d’ailleurs, elle a toujours été très influencée par la pop de Michael Jackson.

 

 

Parmi ses premières publications YouTube on retrouve une cover de Michael Jackson. Un artiste à qui elle rend hommage en empruntant les codes dans toute sa discographie.

Sur le second titre, Damn dis moi, Christine & The Queens continue dans l’exploration de sonorités eighties avec en une grosse pâte funk. Ce qui n’est pas déplaisant et qui donne vraiment un ton beaucoup plus décomplexé que le premier album Chaleur Humaine.

Cet esprit funky n’est pas sans rappeler l’exercice de style des Daft Punk sur RAM, sans pour autant pousser le vice jusqu’à en faire un album hommage à un style de musique particulier.

Sur La marcheuse on retrouve un titre disons plus ‘classique’ de l’artiste. Un feeling planant et une instru assez dépouillée mettant en valeur le beat sans noyer le tout par des synthés. D’ailleurs, ce morceau aurait très bien pu se retrouver sur le précédent album.

A ce stade, je me dis que l’album est plutôt bon et bien produit. C’est pas franchement ma tasse de thé à l’origine, mais je m’en accommode car c’est de bonne facture. Mais le problème c’est qu’après le titre 5 dols, on attaque le ventre mou.

Les cinq derniers titres sonnent comme du remplissage d’album. Des morceaux qui sont là parce qu’il fallait au moins faire 12 titres et qui sonnent tous un peu pareils. Mais cette impression vient aussi de la voix d’Héloïse Letissier qui n’a pas une grande tessiture.

Ces titres piochent dans ce qui s’est fait de mieux dans l’électro-pop de cette dernière décennie. Je perçois des sonorité synth-pop à la Kavinsky ou les balades me font penser sérieusement à du London Grammar.

Comme je l’ai dit en préambule, ce n’est pas mauvais à l’oreille, mais à la longue c’est ronflant et ennuyeux. C’est pour ça que la fin d’album patauge un peu.

Donc Chris est un album avec des super hits comme 5 dols – ma préférée de loin – mais qui ne s’écoute pas en tant que tel d’un seul bloc. Vous pouvez d’ores et déjà oublier tous les titres après la track #5.

 

 

Dans l’ensemble de la discographie de Christine & The Queens, il y a une évolution, son premier album étant beaucoup plus doux et réservé. Ici, les thèmes abordés sont plus concrets et moins oniriques. Dommage que cette évolution ne suive pas sur l’intégralité de l’album.

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