Difficile de passer à côté de l’épi-phénomène Arctic Monkeys. Nos flux facebook, instagram et autres twitter sont couverts de nouvelles de ce groupe. A Oystah nous allons ajouter notre pierre à l’édifice. Ça sera le dernier, l’ultime avis que vous lirez à propos de Tranquility Base Hotel & Casino.

 

Arctic Monkeys est un groupe anglais déjà habitué au buzz avant même qu’on emploie le mot “buzz”. Succès britannique local de 2003 à 2005, ils explosent en 2006 avec leur premier album Whatever People Say I Am, That’s What I’m Not.

 

 

L’album est le mieux vendu dans toute l’histoire du rock anglais en surpassant Oasis et les Beatles. Le monde découvre alors un rock pêchu 200% britannique mené par un frontman (Alex Turner) au charisme fou.

 

Les Arctic Monkeys sont le revival du rock britannique du début des années 2000. Ils mettent du poids dans la balance rock mondiale en faisant face aux supergroupes stoner de l’époque comme les Foo Fighters ou Queens Of the Stone Age.

 

Entre 2005 et 2013, le groupe sort quatre albums globalement acclamés par le public et la critique. Puis, depuis AM et sa gigantesque tournée, silence radio. Silence rompu en 2018 après l’annonce de la sortie du nouvel album: Tranquility Base Hotel & Casino, dont voici la critique ultime.

 

Autant dire que le groupe aurait dû rester discret. Je lance la galette et je tombe sur une réelle surprise. Pas une bonne, une mauvaise surprise. Ce genre de surprise qu’on redoute en écoutant le come-back d’un groupe de rock: un fichu album “de la maturité”.

 

Explications avec Star Treatment, le premier titre de l’opus. Passé la surprenante ambiance indie-pop avec des pianos bariolés d’effets et un Alex Turner étouffé par un effet vocal inutile. On sent que le groupe se la joue désormais intello et donneur de leçons en prenant des faux-airs de Tom Waits.

 

Les premières paroles sont annonciatrices de l’intention d’écrire un album introspectif sur les effets néfastes de la célébrités. Un thème qui, en 2018, fait désormais office de running gag pour les artistes en manque d’inspiration.

 

“I just wanted to be one of the strokes / Now look at the mess you made me make”

 

L’inspiration n’est pas au rendez-vous. La suite de l’album n’est qu’une ligne continue et franchement chiante d’une indie-pop melow à la mord-moi-le-noeud. D’ordinaire lorsqu’un groupe change de registre, on conserve une oreille attentive pour trouver le propos et l’émotion, mais aujourd’hui on ne trouve rien qu’une vacuité émotionnelle sans fond.

 

Four Out Of Five, est le titre qui est supposé porter l’album. Or, comme tout le reste de ce que sont les Arctic Monkeys aujourd’hui, c’est de la branlette intellectuelle. La musique molle est accompagnée d’un clip faussement langoureux, illustrant une errance introspective qui ne fonctionne pas du tout.

 

 

C’est en arrivant à la fin de l’album qu’on peut trouver les lueurs (faibles) d’un groupe qui fut jadis un bon groupe de rock. She Looks Like Fun est comme une vague réminiscence d’une musique énergique, qui retombe à chaque couplet.

 

Finalement, l’album entier sonne comme une lente et douloureuse déclinaison de la même chanson. Sur Tranquility Base Hotel & Casino il n’y a plus rien de rugueux et d’énergique. Les Arctic Monkeys ont laissé la place à un groupe fantôme disparu dans les limbes d’une musique molle, élitiste et autocentrée.

 

Pour finir sur une note positive, je vous recommande vivement d’écouter Yellow Days, car quitte à écouter de la pop mélancolique autant qu’elle soit assumée et brillante.

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