Aujourd’hui, qui  ne connaît pas Starmania ? La comédie musicale française qui a fait pâlir les shows de broadway dans les années 1980. L’opéra-rock qui fait encore parti des 10 meilleures ventes musicales francophones de tous les temps avec ses tubes qu’on connaît par coeur.

Si Starmania est aussi populaire, c’est le fruit du dur labeur des deux hommes qui, contre vents et marées ont cru en leur projet. Entre découragement, manque de financement et ratés en tous genre, voici l’histoire de Starmania.

Nous sommes en 1974, Michel Berger travaille sur un nouveau projet ambitieux: une comédie musicale sur Patricia Hearst. Une histoire tirée de l’enlèvement d’une jeune millionnaire qui défraie la chronique.

Un évènement qui prend une tournure inédite lorsqu’on découvre que Patricia Hearst rejoint la cause de ses ravisseurs en participant à des actions criminelles. Berger trouve dans cette affaire tous les éléments d’une bonne histoire: suspense, argent et amour.

C’est la rencontre avec l’auteur québécois Luc Plamondon qui s’avère décisive dans l’écriture du spectacle. Le jeune québécois, conseille Berger de ne pas focaliser son histoire sur un fait divers mais sur une histoire plus universelle.

C’est ainsi que Berger et Plamondon collaborent en écrivant les premières ébauches de Starmania. On ne parle désormais plus seulement d’enlèvement mais également de politique, de pouvoir, de médias et d’écologie.

Pendant près de deux ans les deux hommes s’écrivent, s’appellent et se voient régulièrement pour s’échanger les idées. En 1976, après avoir mit le point final à une première version du spectacle, ils se mettent en recherche d’interprètes.

Luc Plamondon est déjà connu au Québec pour avoir écrit des chansons pour Fabienne Thibeault et Diane Dufresnes. C’est donc tout naturellement qu’il propose les deux interprètes pour les rôles de Stella Spotlight et de Marie-Jeanne, la serveuse automate.

 

 

De son côté Michel Berger, veut à tout prix éviter les têtes d’affiche dans la distribution. C’est pour cela qu’il fait appel à un jeune inconnu nommé Daniel Balavoine pour le rôle de Johnny Rockfort. Puis, poussé par le manque de temps il se résout à choisir France Gall, sa compagne, pour le rôle de Cristal.

 

 

Une fois la distribution complète, Michel Berger propose un projet d’album à sa maison de disque Warner. Son président a une telle foi dans le compositeur qu’il accepte de financer un album et un spectacle Parisien. Un pari risqué alors qu’en France les comédies musicales ont très peu de succès.

 

 

Starmania est boudé par le public, Michel Berger profite alors de la promotion de son propre album pour donner de la visibilité à son projet de comédie musicale. Lors d’une de ses apparitions télévisée, il propose un titre inédit: La groupie du pianiste. A la suite de la diffusion de la chanson, l’engouement pour Michel Berger est à son maximum.

 

 

Surfant sur cette notoriété, Berger cherche de nouveaux financeurs pour monter le spectacle. Finalement, Europe 1 se lance dans l’aventure et prend en charge la promotion du futur spectacle de Berger et Plamondon.

 

Fort de ce nouveau sponsor, les deux hommes réunissent la troupe pour répéter la première Parisienne prévue le 12 Avril 1979. En quelques mois, ils montent une superproduction à l’américaine avec nouvelles techniques scéniques, décors grandioses et un effectif de 40 danseurs, musiciens et choristes.

 

 

Grâce au soutien d’Europe 1, le palais des congrès fait salle comble pendant quatre semaines. Malgré l’engouement populaire, la presse reste mitigée, et juge l’histoire mièvre et ridicule.

Plusieurs représentations sont données au Québec où Starmania est mieux reçu.

En 1988, le show se produit une nouvelle fois à Paris, et révèle Maurane dans le rôle de la serveuse automate. Le succès s’installe au fil des années, de telle sorte qu’une adaptation anglophone est envisagée.

 

 

Le parolier Tim Rice adapte Starmania (Tycoon en anglais) avec les voix de Cindy Lauper, Céline Dion ou encore Tom Jones. Cette adaptation est un accomplissement pour Berger, qui souhaitait créer une comédie musicale digne des américains.

 

 

Starmania résonne avec notre époque – un monde ultra-mondialisé où les médias et l’image ont une place centrale et où un businessman milliardaire veut prendre la présidence de la cité état Métropolis – Comme si Michel Berger et Luc Plamondon avait eu l’intuition des dérives du monde 40 ans avant notre époque, Starmania parle de Trump, de la puissance des réseaux sociaux, du délire du quart d’heure de célébrité, du terrorisme et des problématiques écologiques.

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