Superstar du reggae, icône pop, visage du rastafarisme dans le monde, Bob Marley est sans doute un des artistes les plus influents du XXème siècle. De son village rural de St Ann en Jamaïque, au Madison Square Garden de New-York, sa vie n’est pas le long spliff tranquille auquel on s’attend. Retour sur 5 lives qui ont jalonné son immense carrière.

LIVE AT LYCEUM

Notre attention se focalise d’abord sur le mémorable Live at Lyceum en 1975 à Londres. Mémorable pour de nombreuses raisons. Premièrement, qui ne connait pas No Woman No Cry ? Chanson emblématique interprétée dans la capitale anglaise et capturée pour la postérité dans ce live.

 

 

Deuxièmement, il faut retenir le Live at Lyceum comme un tournant dans la carrière de Bob Marley. Cela fait plus de 10 ans que le jamaïcain a commencé sa carrière et c’est la première fois qu’il a une reconnaissance en dehors de son pays natal.

Effectivement, une dizaine d’année avant cette fameuse représentation londonienne, Marley enregistre son tout premier single (Judge Not). Dès lors, il décide de consacrer sa vie à la musique. A Trench Town, dans la banlieue de Kingston, il rencontre Bunny Wailer et Peter Tosh avec qui il forme le groupe The Wailing Wailers.

Ils passent quelques années à affiner leur style en mélangeant leurs influences musicales. Le reggae tel qu’il est joué par les Wailers, est un mix entre le mento, le calypso, le kumina et des musiques pop des Etats-Unis. Le premier grand succès local des Wailers est Simmer Down.

 

 

Dans les années 1960, il rencontre Mortimer Planno qui lui enseigne le rastafarisme. Bob Marley se dévoue entièrement à cette religion basée sur la Bible, afro-centrée, qui reconnait l’Ethiopie comme Terre Sacrée et dont l’Empereur Haïlé Sélassié Ier est la réincarnation de Jésus. Cette nouvelle vie versée dans le spiritualisme l’inspire durant toute sa carrière.

 

 

En 1973, il enregistre Catch A Fire avec les Wailers, album sur lequel on retrouve quelques classiques comme Concrete Jungle ou Stir It Up. Catch A Fire marque le début d’une tournée promotionnelle difficile en Angleterre avec le départ de Bunny et Peter du groupe.

La nouvelle formation des Wailers nait alors, accompagnée par les choristes de I-Three. Le nouveau groupe fait un concert mémorable à Londres à l’occasion de la promotion de Natty Dread. Le live est enregistré en Juillet et publié en décembre ce qui assure une notoriété mondiale à Bob Marley et les Wailers.

 

SMILE JAMAICA & ONE LOVE PEACE CONCERT

Dans les années 1970, la Jamaïque est divisée politiquement entre le People’s National Party (PNP) et le Jamaica Labour Party (JLP), deux partis qui cristallisent les tensions de la Guerre Froide sur la petite île. Effectivement, le PNP est de tendance sociale-communiste et le JLP, au pouvoir, symbolise une société plus libérale influencée par les Etats-Unis.

Les tensions politiques sont telles qu’elles entraînent des affrontements entre “gangs” et plongent la Jamaïque dans le chaos. Bob Marley est approché par le leader du PNP pour organiser un concert gratuit pour apaiser le pays. C’est alors que Smile Jamaïca voit le jour. Il s’agit d’un des plus gros show que le pays ait jamais connu avec plus de 80 000 spectateurs.

Le concert se déroule sous une forte tension. La veil, Bob Marley est victime d’une tentative d’assassinat qui le laisse blessé au bras. Les raisons de cet incident, est l’apparent soutient de Bob Marley à Michael Manley, le leader du PNP. Après le concert Bob Marley s’exile au Royaume-Uni pendant plusieurs années.

Après dix ans au Royaume-Uni,  Marley qui assurait qu’il ne frictoterait plus avec la politique, retourne en Jamaïque. En effet son pays se déchire une nouvelle fois avant les élections de 1980. Il décide donc d’organiser le One Love Peace Concert  non pas à la demande des politiques mais des figures des gangs rivaux de l’île (Claudie Massop et Bucky Marshall) qui souhaitent ré-instaurer la paix dans leur pays.

C’est ainsi que le chanteur donne le 22 avril 1978 un concert qui semble réconcilier le pays. One love Peace concert marque l’histoire de la Jamaïque par la participation des deux opposants politiques – Manley et Seaga – qui par l’invitation de Marley font un pas l’un vers l’autre en se serrant la main devant des dizaines de milliers de jamaicain.

Mais malgré ce bref évènement d’apparente réconciliation, les élections de 1980 demeurent les plus sanglantes qu’à connu la Jamaïque.

 

 

INDEPENDANCE DU ZIMBABWE

La même année Marley participe là encore à un moment clés de l’histoire, celle du Zimbabwe.  En avril 1980, le Zimbabwe est le dernier pays d’Afrique à prendre son indépendance et souhaite pour l’occasion organiser un immense concert gratuit pour tous.

Les organisateurs tranchent vite pour Bob Marley. Un choix évident car il a été la bande son de la rébellion lors de la guerre d’indépendance. Le reggae tournait en boucle sur les cassettes des soldats cachés dans le bush.

Quant à Marley, il accepte car il veut nouer un lien spirituel avec l’Afrique, continent d’origine du rastafarisme. Mais malgré la volonté du gouvernement et du chanteur d’organiser ce concert, le Zimbabwe n’a pas suffisamment de fonds pour financer le matériel.

Le chanteur prend alors la décision de financer lui-même l’acheminement du matériel. Il fait affréter un Boeing 707 chargé de 21 tonnes d’équipements. Lors de l’arrivée du groupe à l’aéroport de Harare, le lieu est envahit par les admirateurs. Bob Marley est accueilli comme un héro.

Le 17 avril a lieu la cérémonie officielle d’indépendance au Rufaro Stadium dans une ambiance solennelle. Devant le Prince Charles, le nouveau premier ministre Robert Mugabe et la foule du stade, le union jack laisse la place au drapeau noir et or du Zimbabwe.

 

 

A minuit, Bob Marley arrive sur scène et l’ambiance dans le stade s’enflamme. Les nombreux curieux restés à l’extérieur brisent les barrières pour accéder au concert. Au milieu du set, la police panique et utilise du gaz lacrymogène pour éparpiller la foule. Tour à tour, les musiciens quittent le plateau trop affectés par le gaz.

Seul Marley reste chanter sur scène avant le retour de ses musiciens pour finir en bonne éduforme ce concert historique.

 

LIVE AT MADISON SQUARE GARDEN

Après avoir conquis l’Europe, l’Asie et l’Afrique, il manque un grand territoire encore imperméable aux charmes du jamaïcain: les Etats-Unis. Mais plus précisément la communauté noire-américaine, qui semble le bouder.

Pour remédier à cela, les Wailers signent pour faire la première partie des Commodores, très populaires auprès du public noir américain. Ce concert au Madison Ssquare Garden de New-York ouvrent les portes des Etats-Unis aux jamaïcains. La performance des Wailers est tellement bonne qu’elle éclipse celle des Commodores. Robert Palmer du New-York Times raconte:

“Sans fioritures particulières, habillés en habit de ville et sans chorégraphie, les jamaïcains ont donné une  performance électrique lourde de propos politiques et religieux. Le set de Mr Marley semblait improvisé. Alors qu’en fait, il a duré précisément 55 minutes et était parfaitement orchestré, du début apparemment hasardeux jusqu’à la dernière minute, les Wailers ont crées une atmosphère hypnotisante avec leur style polyrythmique. Après cette démonstration de force, et la présence électrisante de Mr Marley, les Commodores paraissent décevants.”

Peu de temps après, Bob Marley est diagnostiqué d’un cancer généralisé. Il est hospitalisé et décède en 1981 à Miami. Sa vie est une inspiration pour de nombreuses personnes autour du globe. Il est vu comme un révolutionnaire pacifique, qui a toujours oeuvré pour la réconciliation. Il est aussi considéré comme le père du reggae moderne qu’il a su façonner avec les Wailers.

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