Alors que cette année nous commémorons les cinquante ans des évènements de Mai 68, nous nous penchons sur l’autre Mai 68, celui d’Elvis Presley.

En 1968, le King Of Rock vie une traversée du désert de près de 8 ans. Sa dernière représentation en public remonte à 1960, lors d’un gala de charité à Hawaï. Durant ce temps il s’adonne à sa carrière d’acteur, qui s’avère être peu fructueuse.

Son manager, le Colonel Parker,  l’incite à persévérer à Hollywood en prenant des rôles dans des films musicaux à petits budget. Stratégie visant à vendre plus d’albums grâce aux bandes originales.

Ainsi, Elvis tourne dans plus d’une vingtaines de films entre 1960 et 1968, publiant à une cadence effrénée les bandes originales qui vont avec. Malheureusement, cette cadence lasse le public. Les ventes d’album ainsi que les entrées en salles baissent drastiquement.

C’est ainsi que le Colonel Parker décide de changer de stratégie pour renouer avec le succès commercial. En Mai 1968, Parker et le réalisateur Steve Binder viennent négocier un show avec la chaîne de télévision NBC.

Le pitch est simple: proposer un live d’une heure à diffuser en Décembre où Elvis chantera des chansons de Noël. La proposition convainc peu les patrons de la chaîne. Binder propose alors un live enregistré des classiques du King construit de telle sorte qu’il raconte sa carrière en musique.

Une première partie nommée “sit-down” présentera Elvis dans un set intimiste, presque acoustique où il chantera ses chansons du début de carrière. Une seconde partie, “stand-up”, qui sera un florilège de tubes accompagnés d’un orchestre et de danseurs.

Steve Binder persuade finalement Parker et les patrons de NBC qui donnent leur feu vert pour l’enregistrement de l’émission. C’est ainsi que l’équipe d’Elvis Presley signe un contrat de plus d’un million de dollars pour un show télévisé sobrement intitulé Elvis.

L’idée est audacieuse car le contexte musical est très changeant en 1968. Les vieilles stars du rock et de la country laissent place aux petits nouveaux du summer of love. Cette année, Hendrix et les Doors sont au sommet de leur carrière, Led Zeppelin s’apprête à sortir leur premier album et les Beatles font rage dans le monde entier.

Malgré ce contexte peu favorable, le show est un carton. Pour la première partie, la production décide d’appeler les deux acolytes d’Elvis des débuts: le guitariste Scotty Moore et le batteur D.J Fontana.

Les trois hommes retrouvent leur complicité d’antan. Ils lancent le set sur un Heartbreak Hotel en acoustique. Le King a perdu sa confiance de rock star, il est nerveux, rigole, s’interrompt, recommence, oublie les paroles mais s’en tire avec brillot grâce à ses amis qui le soutiennent et l’encouragent.

 

 

Après quelques morceaux Elvis finit par se détendre et les trois amis interprètent leurs tubes comme si il n’avait jamais quitté la scène.

 

 

A voir comment sur What Do You Want Me To Do la complicité est à son paroxysme avec un jam d’intro où les acolytes se regardent avec un sourir complice.

 

 

C’est en jouant les deux super-classiques: Jailhouse Rock et Blue Suede Shoes, qu’il ne fait plus aucun doute : le King est de retour.  

 

 

La NBC diffuse ensuite la partie “stand-up” du show. Le concert commence sur une version de Trouble, tube d’Elvis interprété pour la première fois dans le film Bagarres au King Creole. Cette intro qui finit par un titre écrit pour l’occasion, Guitar Man, donne le ton pour le reste du show: des cuivres, de la danse et un gros carton “ELVIS” au centre de l’image.

 

 

Cette partie est une succession de tubes rocks et gospels. On retient notamment dans le registre crooner d’Elvis, cette magnifique version de If I Can Dream.

 

 

Après la diffusion de l’émission, Elvis se lance dans l’enregistrement de son prochain album studio: From Elvis To Memphis. Il s’agit de son premier album hors-bande son pour un film depuis 10 ans. Cet album est porté par un single qui ne figure pas sur l’album, Suspicious Mind et par le single, In The Ghetto, deux titres qui font le succès de l’album.

 

 

Finalement en 1970, Presley se lance dans une tournée américaine après 13 ans d’absence. Cette tournée est un franc succès grâce au show télévisé de 1968. Mais les années 1970 sont aussi pour Elvis des années noires. Il consomme de plus en plus d’anti-dépresseurs, prend du poids et enregistre des albums médiocres. Il mourra finalement en 1977 à l’âge de 42 ans.

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