Selon une nouvelle étude publiée par la New-York University, la radio aurait déjà un pied dans la tombe. Larry Miller, directeur du Steinhart Music Business Program nous détail dans sa publication les différentes raisons pour lesquels la radio n’a plus lieu d’être et doit trouver un second souffle face aux enjeux de la technologie.

 

Pourquoi la radio serait-elle morte dans 10 ans ?

 

La découverte musicale se fait sur internet

 

Historiquement la radio est le média de la découverte musicale. Les managers et labels devaient convaincre les radios populaires de passer leurs artistes, une belle époque pour l’industrie de la musique.

 

Aujourd’hui, les services de streaming font le job. Spotify et compagnie proposent des manières innovantes de découvrir la musique. On peut lancer des radios liées aux artistes, faire de la lecture automatique selon nos goûts ou parcourir des playlists pré-conçues.

 

La radio en voiture

 

Larry Miller soulève un autre point important. Historiquement, l’écoute de la radio se fait majoritairement en voiture. Or, depuis quelques années, les autos connectées relaient la radio au rang d’option au profit de nouvelles fonctionnalités. La radio a perdu la place centrale du divertissement en voiture. Maintenant,  je rentre dans la voiture, je connecte mon portable et j’écoute mes playlists ou une succession de vidéos youtube, pas de place pour la radio !

 

La qualité des bandes FM trop mauvaises pour les jeunes

 

Selon le sondage réalisé auprès des jeunes américains, les jeunes générations trouvent que la AM/FM est de trop mauvaise qualité. Ils investissent dans des smart speakers, enceintes connectées grâce auxquelles on accède aux web-radio et services internet plus facilement.

Exemples de smart-speakers

L’étude dit que 70% des propriétaires de smart speaker écoutent plus de musique. 62% de ces même propriétaires trouvent que la musique est de meilleure qualité que sur les bandes FM. Ce que ces chiffres nous disent c’est que pour les jeunes générations, la radio serait tout simplement obsolète.  

 

Ô capitalisme …

 

Dernier clou au cercueil de la radio: les problèmes économiques du secteur de la musique. Aux Etats-Unis, les revenus des royalties payés par la radio sont moins importants que ceux du streaming. Le choix est simple pour les maisons de disques. Et puis les annonceurs suivent: à la radio il est difficile de cibler ses pub, alors que sur internet c’est du marketing individuel et directement ciblé pour vous. Là, c’est un KO technique pour la radio.

 

Et qu’en est-il des Français et la radio ?

 

Selon Médiamétrie, l’écoute de la radio reste forte en France. 93,1% des personnes âgées de 13 ans et plus ont écouté au moins une fois la radio. En moyenne, elles écoutent la radio 15,7 jours sur 21 jours (quelle que soit la durée d’écoute).  

 

Les conclusions de Monsieur Miller n’auraient pas été les mêmes si l’étude avait été faite en France car, toujours selon médiamétrie, les français écoutent majoritairement la radio en voiture. Mais attention, notons que l’écoute de la radio se fait de plus en plus depuis un ordinateur, un mobile ou une tablette (41,2% des français de 15 ans et plus).

 

La Radio Numérique Terrestre (équivalent TNT pour les radios) a bien été lancée en France pour répondre à une inquiétude vis à vis de la qualité du signal. Mais cette initiative est retombée comme un flan. La RNT étant déjà obsolète à sa création, notamment face à la prolifération des web-radio des grandes chaînes et l’explosion des services streaming.

 

En conclusion, la radio musicale sera peut-être morte dans 10 ans, oui. Mais seulement si elle continue sur une lancée purement quantitative, c’est-à-dire passer 7-8 titres en boucle toutes les semaines. La radio gagne à se distancier des offres internet qui ont pris le relais pour la diffusion de masse. Le retour de la qualité à la radio viendrait peut-être du DJ / programmateur en qui on aura confiance pour nous faire découvrir ses nouveautés.

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