Alors que nous abordons le thème du folk américain ce mois-ci, il vient une question cruciale … Comment traiter l’immense mythe ‘Bob Dylan’ ? La réponse à cette question est peut-être plus simple qu’il n’y paraît. En 1965, Hugues Aufray sort son album d’adaptation de chansons de Bob Dylan: Aufray chante Dylan. A cette occasion, le public français découvre le chanteur folk alors seulement connu dans les pays anglo-saxon.

Hugues Aufray est un auteur-compositeur et interprète français, il est connu pour ses chansons folk populaires comme Santiano, Céline ou Stewball.

 

 

Il naît en 1929 à Neuilly-Sur-Seine mais déménage rapidement dans le Tarn après le divorce de ses parents. Les oreilles attentives entendrons un léger acceng du sud dans ses paroles. Il passe la guerre dans le petit village de Sorèze avant de rejoindre son père en Espagne où il finit ses études.

Il commence sa carrière dans les années 1950 en interprétant des chansons de Félix Leclerc, Georges Brassens ou Serge Gainsbourg. C’est ainsi qu’il se fait repérer et enregistre son premier album.

Mais Aufray n’est pas qu’inspiré par la chanson française. Il se passionne pour l’Amérique et part s’installer à New-York, au coeur de la scène folk de Greenwich Village. Il décroche un contrat dans un cabaret et joue en première partie du groupe Peter, Paul & Mary.

C’est en fréquentant les acteurs de la scène folk-revival qu’il va rencontrer Bob Dylan. Dans un entretien au Monde il raconte:

“En 1961, je croise pour la première fois Dylan, inconnu alors, sauf des milieux folk. En 1962, j’avais chanté en première partie de Peter, Paul & Mary. Je vais chez eux à New-York, ils m’invitent à une ‘party’, et je croise Dylan (…) On échange nos adresses.”

On ne présente plus Dylan. Depuis plus de 50 ans, il est avec James Brown un des musiciens les plus influent du rocknroll. Il est un véritable électron libre, parfois dénoncé pour ses choix artistiques mais toujours acclamé pour la puissance de ses chansons. C’est le premier artiste rock à avoir une crédibilité littéraire (il reçoit le prix Nobel de littérature en 2016), il est devenu si populaire qu’il est cité par des politiciens comme Jimmy Carter ou même Vaclav Havel.

Fan absolu de Woody Guthrie, il commence sa carrière en reprenant les standards folks américains du début du siècle. Il personnalise le style folk et le ré-invente. Il  lance la culture du folk-revival. Il marque la musique populaire de son style unique et de sa voix nasillarde si particulière.

En 1961, il sort son premier album éponyme dans lequel il fait principalement des reprises. En 1963, il sort The Freewheelin qui le fait connaître au-delà de Greenwich Village. Le public anglo-saxon commence à reconnaître le talent du jeune chanteur de Blowin’ In The Wind ou de Don’t Think Twice It’s Alright. Mais la France est à la traîne, la barrière de la langue est trop forte et le public ne saisit pas l’intensité littéraire de Dylan.

 

 

Parmi le peu de français déjà fan du chanteur américain, il y a Hugues Aufray. Il déclare à ce sujet: “J’ai éprouvé tout de suite pour lui plus que de l’admiration, une sorte d’amour.. En 1965, Aufray décide de faire connaître Dylan aux français et enregistre Aufray chante Dylan.

C’est un album d’adaptation de Dylan en français, chansons ré-écrites par Aufray et son parolier Pierre Delanoë. Le chanteur français raconte qu’en 1964, il va chercher Dylan au Bourget  “avec une gourde de vin rouge basque” il l’emmène sur le boulevard St Michel “où il s’achète la veste en cuir qu’il gardera très longtemps. Et je lui prête mes bottes”, les deux hommes s’entendent très bien et Dylan lui donne l’autorisation d’adapter ses chansons. Leur amitié perdure, au point qu’en 1984, au Parc de Sceaux, Bob Dylan invite le chanteur français à interpréter en duo The times they are A-changin.

 

 

Avec Johnny Hallyday, Aufray est l’un des interprètes les plus connus pour ses reprises de chansons américaines.

En hommage, finissons sur la version française de House Of The Rising Sun écrit par The Animals, reprise par Bob Dylan sur son premier album, adaptée en français par Hugues Aufray et interprétée ici par Johnny Hallyday.

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